Le 4 novembre sort dans les salles obscures, L’affaire Marie-Claire, le film de Lauriane Escaffre et Yvo Muller sur le procès de Bobigny. En novembre 1972, Gisèle Halimi, avocate de Marie-Claire Chevalier, adolescente de 16 ans jugée coupable d’avoir avorté après un viol, de sa mère coupable de complicité et de 2 autres femmes ayant contribué à l’avortement, décide d’attaquer la loi de 1920 qui réprime l’avortement. Un pari osé, notamment pour la famille Chevalier, qui amorça des débats publics indispensables. Nous avons pu échanger avec la coréalisatrice.
Le film, inspiré des faits réels, se veut une fiction et pas un documentaire : « nous voulions utiliser la puissance du cinéma pour parler de ce sujet encore très contemporain et de ce droit acquis, important, mais toujours menacé. Nous aimons particulièrement les films procès, car même si on sait comment cela se termine, on a quand même toujours peur pour les prévenues, il y a du suspense. D’ailleurs, lors des avant-premières, on reçoit beaucoup de témoignages plein d’émotions, beaucoup de larmes, de révolte, peut-être parce que cela mêle l’intime et l’universel », nous partage Lauriane Escaffre.
Un procès exceptionnellement documenté
Documentés par l’association Choisir la cause des femmes de Simone de Beauvoir, les débats du procès et les plaidoiries, normalement confidentiels, ont été rendus publics dans le livre publié par l’association chez Gallimard en 1973 et réédité plusieurs fois, dont une version augmentée en 2006. « Pour les débats et les plaidoiries, nous nous sommes appuyés sur ce livre. La plaidoirie finale de Gisèle Halimi n’est pas complète car elle a duré plus de 30 minutes dans la réalité et c’est trop long pour le cinéma, mais….
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