La pause Brindille est une association qui accompagne les jeunes aidants, ces enfants, adolescents ou jeunes adultes qui soutiennent au quotidien un proche malade, en situation de handicap ou en difficulté psychique. Elle agit à travers l’écoute, la sensibilisation, des temps de partage et la création de communautés de soutien pour rompre leur isolement et rendre leur réalité visible.
« Maman, mais comment je vais faire quand tu seras morte parce qu’il va falloir que je m’occupe de ma sœur toute ma vie. Et moi aussi, j’ai ma vie à vivre. » Cette question, Axelle Enderlé l’a entendue de la bouche de sa fille aînée, alors âgée de 5 ans. Sa cadette est atteinte d’un syndrome génétique rare, tandis qu’à l’époque, Axelle combat elle-même un cancer. Une situation familiale particulièrement éprouvante, qui révèle avec force les angoisses que peuvent porter les jeunes en situation d’aidance, déjà confrontés très tôt à la perspective de devoir soutenir durablement un proche malade. « Et en fait, ça m’a terrorisé parce que je ne savais vraiment pas quoi lui répondre »
Quand elle a commencé à « sortir la tête de l’eau », Axelle a pris une décision. Forte de son propre vécu d’aidante et témoin de ce que traversait sa fille aînée, elle a voulu agir : « Maintenant, je veux faire quelque chose pour les aidants. Et pour les jeunes aidants également, pour pouvoir dire à ma grande fille : je te vois ». C’est l’impulsion qui a donné naissance à La pause Brindille.
Une oasis dans le désert
Au départ, l’association cible tous les aidants mais après les confinements qui ont fait suite aux pandémies de la Covid-19, l’action de La pause Brindille s’est recentrée sur les jeunes aidants. « Pour les aidants, il y a quand même déjà beaucoup de choses qui existent, surtout sur la métropole de Lyon », explique-t-elle, « par contre, pour les jeunes aidants, c’est le désert. »
Au départ centré sur des temps conviviaux, autour de la cuisine et de groupes de parole, le projet évolue dès mai 2021. Confrontée aux appels de jeunes en difficulté, l’association comprend que l’urgence est ailleurs : « l’écoute de ces jeunes, qui ont vraiment un fardeau à déposer et qui n’en ont jamais parlé ».
Un fardeau qui renvoie directement aux mots prononcés par sa fille quelques années plus tôt. « La charge mentale de cette gosse, c’est incroyable. Elle vit nos difficultés au quotidien et se projette déjà dans sa vie d’adulte comme l’aidante principale de sa sœur », se remémore Axelle au sujet de son aînée.
Une ligne d’écoute de pair à pair
C’est ainsi qu’est né, dès mai 2021, le premier grand projet de l’association : Brind’Ecoute. D’abord imaginé comme une ligne d’écoute assurée par des psychologues, le dispositif a finalement été repensé avec les jeunes eux-mêmes, qui ont exprimé leur réticence à se confier à des professionnels en première intention. La pause Brindille a donc mis en place un service d’écoute entre pairs, assuré par des jeunes formés et supervisés par un psychologue. Un format qui permet, en individuel comme en collectif, de libérer la parole, de faire émerger les difficultés les plus fréquentes et d’y apporter des réponses d’une manière horizontale plutôt que verticale.
Sensibiliser pour libérer la parole
La pause Brindille intervient également auprès de nombreux publics : services hospitaliers, personnels éducatifs, travailleurs sociaux, lycées ou structures culturelles pour mieux faire connaître la réalité des jeunes aidants. Un travail de sensibilisation que l’association juge essentiel pour sortir ces situations de l’invisibilité, lutter contre la stigmatisation et permettre une identification plus précoce de ces jeunes, condition nécessaire à un accompagnement adapté.
Antoine Desvoivre
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