Né dans les grands espaces, le trail est aujourd’hui pris dans une contradiction : événements massifs, déplacements carbonés, sentiers dégradés… courir nombreux en pleine nature suppose lui nuire. À rebours de ce modèle, un événement isérois pensé par Clément Chapel, propose une refonte radicale de ce sport outdoor. À Saint-Siméon-de-Bressieux, l’Ultra Back to Life (UBTL) a expérimenté en première mondiale, une compétition de trail à impact écologique positif. Ici, la performance devient un levier d’actions collectives pour restaurer le vivant.
En novembre 2025, pendant 48 heures, les participants, répartis entre Poumon Vert (la forêt) et Poumon Bleu (l’océan), ont enchaîné les kilomètres et les missions écologiques. Cette édition de UBTL a pu totaliser 1 200 km parcourus, 525 arbres plantés, 3 mares creusées, 35 m de baissières creusés (fossés fermés utilisés pour gérer l’eau de pluie), 20 m de haies sèches assemblées, 30 kg de déchets collectés, 1 nichoir à chouette installé, un jardin forêt Ludo pédagogique initié et plus de 500 enfants sensibilisés en collaboration avec un lycée agricole privé du secteur.
Chaque effort physique se traduit par un bénéfice concret pour la biodiversité locale avec un classement qui varie suivant le vivant régénéré durablement, la sensibilisation des enfants… « Jamais je n’ai vécu un dépassement personnel qui fait autant sens. Agir pour la planète peut être drôle, fun, inspirant, méga sexy » a souligné Nicolas, capitaine de l’équipe Océan. En démontrant qu’un trail vertueux est possible, l’Ultra Back to Life tend à inspirer les amoureux de la nature, trailers ou non, en reproduisant le concept sur l’ensemble du territoire.
Angéline Faravel
Crédit photo : Lucas Sylvestro
